The Blank Dress Syndrome

Classé dans : Evénements, Non classé | 0

Le thème du concours du Salon Régional des Métiers d’Arts 2018 était « Carte Blanche« .

Je me suis penchée sur la panne d’inspiration, appelée aussi « le syndrome de la page blanche »…

 

 

«  Le  syndrome de la page blanche faisant référence à une peur, celle de la page blanche, est aussi désigné par le terme de « leucosélophobie ».

Ce phénomène peut être dû à la volonté tellement grande de faire une œuvre parfaite, que toute idée qui vient à l’esprit de l’auteur lui paraît systématiquement mauvaise, de telle sorte qu’il devient alors impossible pour lui de commencer ou de compléter son œuvre. Ce syndrome est aussi souvent dû au fait que l’auteur a mis ses personnages dans une situation complexe de laquelle il s’avère incapable de les sortir. Elle peut se traduire, lorsqu’elle se prolonge dans la durée, par un abandon de l’auteur ou une période de dépression au cours de laquelle il perd totalement confiance en lui.

Le blocage de l’écrivain peut aussi s’appliquer à d’autres artistes, tels les compositeurs ou les peintres qui peuvent rencontrer ces mêmes problèmes dans leurs arts respectifs. » Wikipédia 

 

La page blanche peut donner le vertige, il faut se lancer dans le vide,  bien souvent sans garde-fous.

Nous avons généralement mis la barre très haut, nous aimerions écrire quelque chose de magnifique, réaliser une œuvre unique,  et nous nous demandons si nous serons à la hauteur de la mission que nous nous sommes fixée.  Bref, nous nous mettons la pression et parfois sans même en avoir conscience.

Ce qui bloque l’inspiration, c’est donc la crainte de ne pas réussir, de ne pas mener son projet à bien.

 

 

J’ai de suite pensé aux toiles blanches de moulage des couturières, pour mettre en parallèle la page blanche de l’écrivain…

Exposition « Christian Dior, couturier du rêve »,  Musée des arts décoratifs, Paris 2017-2018

 

 

J’ai également chercher l’origine de l’expression « avoir carte blanche »  et j’ai griffonner un nuage de mot, c’est ainsi que le premier croquis m’est venu.

 

J’ai alors réalisé un corset en plâtre et papier-colle, que j’ai recouvert de morceaux de papier blanc déchirés.

Le corset a été moulé sur un buste de lingerie, puis ouvert en deux morceaux sur le devant et au dos.

J’ai collé des baleines en plastique, ainsi que le busc qui sert à la fermeture du corset.

Le corset est laissé blanc volontairement pour illustré la page blanche de l’écrivain.

Pour la réalisation de la jupe, j’ai fait une base en tissu blanc, que j’ai recouverte entièrement de papiers froissés et épinglés._

 

Salon des Métiers d’Art 2018 – Parc des Exposition d’Orléans

La tenue s’agrémente d’un manteau long fait en toile blanche. Le bas du manteau a été trempé dans de l’encre de chine noire et nous pouvons apercevoir des tâches d’encre… L’écrivain-couturier se serait-il énervé sur sa plume ? ….

La robe blanche en papier laisse le spectateur s’imaginer quel pourrait être le vrai tissu de la création-brouillon, quelles en seraient les finitions, les détails… . Cette robe montre les bases de la création avec par exemple le moulage et sa toile, ainsi que la technique de la corseterie adaptée à un matériau tel que le plâtre.

Le défi fut de réunir les savoir-faire de la couture, de la corseterie, et des arts-plastiques.

Le manteau-robe est assemblé à la main comme nous le ferions dans un atelier de couture, et son blanc immaculé vient se tacher d’encre noire. Sa forme fait référence à l’époque de la Renaissance, date où l’expression « avoir carte blanche » fut employée pour la première fois. Cette toile attend la validation du couturier pour passer à l’étape de couture ultérieure.

L’oeuvre est comme suspendue dans le temps, incomplète, à la fois vierge et tâchée, vide et pleine de sens à la fois…

Avoir carte blanche, c’est pouvoir faire ce que l’on veut, et parfois ce que l’on veut peut se résumer au vide…

ou à l’infini…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *